Lorsque l'on croit tout savoir sur un sujet fiscal, le réveil est brutal. C'est ce qui s'est passé avec la dernière décision rendue par le Comité de révision de l'évaluation (“ARC”) de l'île Maurice.
L'ARC est un organisme indépendant de règlement des différends qui résout les litiges entre les contribuables et les autorités fiscales de l'île Maurice, et agit donc comme un facilitateur pour ces litiges fiscaux tant redoutés. Le 9 mars dernier, l'ARC a rendu une décision dans l'affaire Mauritius Freeport Development Co. Ltd (“le requérant”) contre le directeur général de l'administration fiscale mauricienne (“MRA”).
Il est intéressant de noter que l'ARC a statué en faveur du requérant en lui permettant de demander des déductions annuelles sur les dépenses en capital inférieures au taux maximum autorisé mentionné dans les règlements de l'impôt sur le revenu de 1996 (“ITR”).
Quelle est l'importance de cette décision ? Cette décision permet aux contribuables d'explorer de nouvelles possibilités d'économies d'impôt (et quel contribuable refuserait cela !). La décision semble suggérer que les contribuables peuvent demander un taux d'abattement annuel plus faible au cours des années les moins rentables afin de maintenir une valeur d'actif relativement élevée. Vous pouvez ensuite profiter du taux d'abattement annuel complet sur ces valeurs d'actifs au cours des années très rentables pour réduire vos bénéfices imposables. C'est donc une bonne nouvelle pour tout le monde !
Décortiquer l'affaire :
- Le requérant est un développeur tiers de Freeport et a demandé des allocations annuelles de 84 698 483 MUR pour les années d'imposition 1995 à 2005 ;
- L'ARM a rejeté la demande en faisant valoir que les indemnités auraient dû être demandées au cours de l'année où les actifs ont été utilisés ;
- Il en résulte un revenu imputable pour l'année 2006, les pertes fiscales reportées de l'année 2005 étant moins importantes.
- Toutefois, pour les actifs acquis entre 2006 et 2010, le requérant n'a pas demandé d'abattement annuel car il était moins rentable au cours de ces années ;
- L'ARM était convaincue que le requérant demandait délibérément des allocations annuelles inférieures pour éviter de payer des impôts plus élevés au cours des années où il deviendrait éventuellement rentable ;
- Selon l'ARM, cette pratique constituait une forme évidente de planification fiscale et elle a ajusté le calcul de l'impôt du requérant pour refléter le montant “correct”.
Le verdict de l'ARC sur l'approche de l'ARM - Pas si vite !
La loi stipule que le “taux de l'allocation annuelle n'excède pas le taux correspondant aux dépenses d'investissement spécifiées dans la réglementation fiscale”. C'est à juste titre que l'ARC a appliqué la règle littérale qui est la première règle à appliquer et qui est appelée à juste titre la “règle de l'interprétation".“première règle d'interprétation”.
En appliquant cette règle, l'ARC a souligné que le taux d'allocation annuel qui peut être réclamé “n'excède pas”Le requérant avait tout à fait le droit de demander l'allocation annuelle à un taux inférieur au taux maximum.
Ce qu'il faut en retenir ?
L'ITR n'empêche pas un contribuable de demander un taux inférieur au taux maximum prescrit si le taux maximum n'est pas dépassé. Il est remarquable que l'ARM n'ait pas tenu compte du fait que le législateur n'a pas imposé de taux minimum d'abattement annuel pouvant être demandé pour les dépenses en capital encourues. Dans la pratique, un contribuable a la possibilité de demander des déductions annuelles à n'importe quel taux allant de 0% jusqu'au taux maximum.
En outre, il s'agit d'une pratique courante dans d'autres pays tels que le Royaume-Uni et le Canada, où il n'existe aucune restriction à l'utilisation d'un taux d'abattement annuel inférieur.
Dans l'ensemble, cet arrêt permet aux contribuables de demander une déduction annuelle au taux qu'ils jugent approprié dans l'intérêt de l'entreprise. Et en cette période économique difficile, qui peut les blâmer ? Pour plus d'informations sur les détails des indemnités, les litiges et les économies d'impôts, contactez-nous dès aujourd'hui.