Le 6 mars 2024, le Service de recherche du Parlement européen a publié une note d'information faisant le point sur les progrès réalisés par l'Union européenne en matière d'harmonisation des règles relatives aux prix de transfert au sein de l'UE. L'objectif de la Commission européenne est d'établir une approche commune en matière de prix de transfert au niveau de l'UE en définissant un certain nombre de principes clés en matière de prix de transfert et en les inscrivant dans la législation européenne. Nous avons résumé ci-dessous tout ce que vous devez savoir sur la nouvelle législation européenne proposée en matière de prix de transfert.
Tout d'abord, nous examinons les questions clés qui devaient être abordées :
- Il n'existe pas de réglementation commune contraignante en matière de propriété intellectuelle au niveau de l'UE. Les lignes directrices de l'OCDE en matière de propriété intellectuelle sont non contraignantes et ont valeur de recommandation ;
- Bien que tous les États membres de l'UE soient membres de l'OCDE, la législation nationale ne permet pas toujours de savoir si un État membre suit la dernière version des principes directeurs de l'OCDE ou s'il suit les principes directeurs tels qu'ils ont été interprétés à un moment donné ;
- Clarté de la définition des parties liées, car les seuils de contrôle varient considérablement d'un État membre de l'UE à l'autre. En Allemagne, par exemple, une société est considérée comme une ‘entité associée’ à une autre partie si elle détient une participation d'au moins 25% dans l'autre partie (droits de vote, actifs de la société, etc.). En Grèce, ce niveau est fixé à une participation d'au moins 33%, tandis qu'il est d'au moins 50% en Finlande ;
- La résolution des litiges en matière de fiscalité exige beaucoup de temps et d'efforts, tant pour l'entreprise que pour les autorités fiscales concernées.
Ensuite, nous examinons le contenu de la proposition :
- La proposition présente une série de définitions couvrant les concepts clés de la propriété intellectuelle (article 3) qui doivent être intégrées dans la législation de l'UE afin de rationaliser ces définitions avec celles des lignes directrices de l'OCDE ;
- Elle établit une définition commune des ‘entreprises associées’ à l'article 5, c'est-à-dire un seuil de participation de 25% ou une ‘influence notable’ sur l'entreprise, au-delà desquels les sociétés seraient considérées comme des entités associées ;
- Elle établit les cinq méthodes de prix de transfert reconnues par l'OCDE dans la législation de l'UE en vertu de l'article 9, paragraphe 1 ;
- Elle envisage de parvenir à une approche commune des exigences en matière de documentation sur les PT par le biais de modèles à l'échelle de l'UE, d'exigences linguistiques harmonisées, etc ;
- Elle établit qu'un intervalle de pleine concurrence doit être déterminé en utilisant l'intervalle interquartile 25% à 75% des résultats des comparables non contrôlés, et précise que les résultats de pleine concurrence qui se situent en dehors de cet intervalle interquartile doivent faire l'objet d'un ajustement de la part des États membres ;
- Une disposition clé est l'introduction d'une nouvelle ‘procédure accélérée’ par laquelle les États membres peuvent procéder à l'ajustement correspondant dans un délai de 180 jours, en remplacement de la longue procédure de la MAP ;
- Il établit des règles communes quant au moment et à la manière dont les ajustements correspondants (article 6) et les ajustements compensatoires (article 7) doivent être effectués.
Notre conclusion est que certaines des règles proposées par l'UE seraient plus strictes que les lignes directrices de l'OCDE en matière de propriété intellectuelle, et qu'il existe quelques différences entre les lignes directrices de l'OCDE en matière de propriété intellectuelle et les directives proposées par l'UE, par exemple le seuil de contrôle proposé de 25% ferait tomber de nombreuses entreprises sous le coup de la législation relative à la propriété intellectuelle. En ce qui concerne les prochaines étapes, la proposition est soumise à la procédure législative spéciale, qui requiert le soutien unanime du Conseil, après consultation du Parlement européen et du Comité économique et social européen.
Principaux enseignements
Les règles sont de plus en plus strictes, mais au moins elles sont cohérentes ! C'est un bon pas vers la certitude fiscale, mais la route est encore longue. Contactez-nous pour discuter de vos problèmes de prix de transfert dans l'UE.