Le fisc sud-africain s'attaque aux crypto-actifs

L'Afrique du Sud suit les traces de 50 autres juridictions dans le monde des actifs cryptographiques. Le 10 novembre 2023, l'administration fiscale sud-africaine (“SARS”) a annoncé dans un communiqué de presse qu'elle adopterait un nouveau cadre de déclaration des crypto-actifs (“CARF”) dans le but de faciliter la transparence fiscale à l'échelle mondiale. L'OCDE a été la première à élaborer le cadre CARF, que la SARS a l'intention d'adopter et de mettre en œuvre dans le droit interne sud-africain. L'objectif est de lancer les échanges d'informations d'ici 2027, sous réserve des processus législatifs nationaux habituels. Préparez-vous donc à une nouvelle ère de transparence concernant les crypto-monnaies dans le paysage fiscal sud-africain.

Tout d'abord, qu'est-ce qu'un actif cryptographique ?

Selon le site web du SARS, un crypto-actif est une manifestation numérique de la valeur qui n'est pas émise par une banque centrale. Il s'agit essentiellement d'un actif qui est échangé, transféré et stocké électroniquement. Ces actifs sont généralement utilisés pour faciliter les paiements et la technologie sous-jacente utilise des techniques cryptographiques pour garantir la sécurité et l'intégrité.

Comment les crypto-actifs sont-ils actuellement taxés en Afrique du Sud ?

Premièrement, les crypto-actifs sont inclus dans la définition d“”instrument financier“ en vertu de la loi 58 de 1962 relative à l'impôt sur le revenu (”la loi"). Deuxièmement, la cession de crypto-actifs est un événement imposable. La loi ne prévoit pas de règles spécifiques concernant les crypto-actifs, qui sont donc soumis aux règles habituelles de l'impôt sur le revenu applicables aux instruments financiers. Ainsi, les bénéfices ou les gains provenant de la vente ou de la réalisation de crypto-actifs peuvent être imposés en tant que revenu ou capital, selon les mêmes règles d'impôt sur le revenu que celles applicables à la vente d'instruments financiers.

L'incertitude survient lorsqu'il s'agit de déterminer si les bénéfices ou les gains tirés de ces actifs sont de nature capitalistique ou fiscale. L'intention du contribuable, étayée par des facteurs objectifs tels que la durée de détention et la fréquence des transactions, détermine si les gains tirés des crypto-actifs sont considérés comme des revenus, soumis à un taux d'imposition maximal de 45%, ou comme du capital, avec un taux d'imposition maximal de 18%. La jurisprudence établit qu'une question pertinente est de savoir si le contribuable était engagé dans un programme de réalisation de bénéfices, c'est-à-dire si l'actif a été cédé dans le but de générer des revenus.

Pour dissiper un peu le brouillard, le SARS a défini trois circonstances dans lesquelles les crypto-actifs peuvent avoir certaines conséquences fiscales, à savoir l'échange de monnaie locale contre un crypto-actif, les biens ou services échangés contre des crypto-actifs et l'exploitation minière. En gros, les tests généralement utilisés sont les suivants :

  • Si vous avez acquis les crypto-actifs dans l'intention de les négocier activement, il s'agit d'un revenu ;
  • Lorsque l'actif cryptographique était détenu en tant qu'investissement à long terme, cela indique qu'il s'agit d'un capital ;
  • Lorsque l'actif a été détenu pendant un certain temps, il s'agit généralement d'un capital.

Quels sont donc les changements apportés par le nouveau CARF ?

Le CARF établit un processus standardisé pour partager automatiquement les informations fiscales sur les transactions impliquant des crypto-actifs avec les juridictions de résidence des contribuables chaque année. D'une manière générale, le CARF comprend des règlements et des notes explicatives qui peuvent être adoptés dans la législation locale. Cette adoption permet de recueillir des informations auprès des prestataires de services de crypto-actifs déclarants qui ont un lien significatif avec la juridiction qui met en œuvre le CARF.

Le CARF s'articule autour de quatre éléments essentiels : tout d'abord, il définit les critères d'inclusion des crypto-actifs. Ensuite, il désigne des personnes et des entités spécifiques en tant que figures centrales responsables de la collecte et de la déclaration des données. Troisièmement, l'accent est mis sur les transactions, en identifiant celles qui doivent faire l'objet d'une déclaration et en précisant les informations qui doivent accompagner ces déclarations. Enfin, le cadre intègre des procédures de diligence raisonnable qui permettent d'identifier les utilisateurs d'actifs cryptographiques et les personnes détenant le contrôle, et de déterminer les juridictions fiscales compétentes aux fins de la déclaration et de l'échange.

Principaux enseignements

L'Afrique du Sud montre qu'elle va définitivement taxer les crypto-monnaies et l'adoption de ce cadre dans ses lois montre que le SARS se concentre sur ce domaine. Si vous possédez des actifs cryptographiques liés à l'Afrique du Sud, contactez-nous dès aujourd'hui.

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