Tour penchée du premier pilier

Le monde de la fiscalité est en effervescence depuis deux ans en raison de l'annonce par l'Organisation de coopération et de développement économiques (“OCDE”) d'une ’Solution à deux piliers pour relever les défis fiscaux liés à la numérisation de l'économie“. Voir notre précédente lettre d'information ici.

Au début du mois, le public a fait part de ses commentaires sur le rapport d'étape de l'OCDE sur le montant A du premier pilier, récemment publié (juillet 2022). Pour rappel, le premier pilier se concentre sur la réaffectation des bénéfices vers les juridictions où les ventes sont réalisées, et il a introduit le montant A, au titre inoffensif. Il s'agit essentiellement d'un nouveau droit d'imposition, en vertu duquel une part des bénéfices résiduels est attribuée aux pays de marché selon une approche fondée sur une formule. Tout le monde avait beaucoup à dire, surtout sur la confusion et la complexité du système. Nous avons résumé ci-dessous les principales contributions des parties prenantes :

Associations professionnelles

  • Les spécificités sectorielles ne sont pas prises en compte, et le premier pilier doit être soigneusement adapté pour tenir compte des différences flagrantes entre les secteurs.

Sociétés d'audit

  • Un travail considérable reste à faire pour que le cadre inclusif soit finalisé et parvienne à un accord sur les aspects techniques du premier pilier.
  • Un engagement plus poussé avec les parties prenantes (en particulier avec les entreprises du champ d'application) sera nécessaire pour s'assurer que ces règles sont administrables, cohérentes avec les objectifs politiques initiaux et qu'elles ne créent pas de distorsions involontaires.

Entreprises multinationales (“EMN”)

  • Les règles restent très complexes et seront difficiles à mettre en œuvre pour les contribuables et à gérer pour les administrations fiscales.
  • Les règles représentent un défi de communication en termes de compréhension du système fiscal par le public et, par conséquent, le risque que la méfiance du public à l'égard du système fiscal international et des affaires fiscales des multinationales persiste.
  • Certains doutent que les changements proposés s'attaquent réellement aux problèmes fondamentaux qui causent des tensions dans le système fiscal international, et donc que ces réformes n'aient qu'un impact temporaire.
  • Vivement préoccupée par les implications de la double imposition du modèle proposé.
  • Exiger un mécanisme pour traiter les anomalies et les disparités potentielles entre les pays signataires du premier pilier et ceux qui ne le sont pas.

Juridictions/administrations fiscales

  • Le montant A est un nouveau droit d'imposition et ne devrait donc pas inclure les retenues à la source, qui sont des droits d'imposition existants. La question du double comptage ne devrait pas se poser.
  • La période de report des pertes postérieures à la mise en œuvre doit être la plus courte possible.
  • De nombreux pays en développement s'appuient sur d'autres modèles de convention fiscale (par exemple, les Nations unies et le Forum africain d'administration fiscale) ; la référence aux bénéfices attribués ne doit donc pas se limiter aux dispositions du modèle de l'OCDE.

Comme il ressort de ce qui précède, l'OCDE a encore un long chemin à parcourir pour finaliser cette “solution”. Si l'un de ces commentaires vous touche et que vous souhaitez en discuter plus avant, n'hésitez pas à nous contacter.

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