Qui aurait pensé que les salaires et les honoraires des directeurs pouvaient être imposés différemment à l'île Maurice ? Dans la loi de 1995 sur l'impôt sur le revenu (’ITA’), la définition des “émoluments” inclut “...”tout avantage en argent ou en valeur monétaire qui constitue un traitement, un salaire... ou une rémunération au titre ou en relation avec la fonction ou l'emploi de cette personne.” Il comprend également “la rémunération du titulaire d'une fonction et les honoraires du directeur d'une société.” On peut donc dire que les salaires et les jetons de présence font partie des émoluments des administrateurs, mais que l'impôt réel peut être différent pour les salaires et les jetons de présence.
Les personnes physiques sont assujetties à l'impôt sur le revenu sur leur revenu brut et les salaires sont considérés comme faisant partie du revenu brut. Dans la LIR, les jetons de présence ne sont pas considérés comme faisant partie du revenu brut, mais cela ne signifie pas qu'ils ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. En effet, une section spécifique de la LIR stipule que lorsque des honoraires sont payables par une société à l'un de ses administrateurs, l'impôt est retenu sur les honoraires des administrateurs au taux de 15% et le montant de l'impôt ainsi retenu est le montant final de l'impôt à payer sur ces honoraires par l'administrateur. Un taux unique de 15% n'est donc pas mauvais, mais l'inconvénient est qu'aucune déduction admissible ne peut être réclamée sur les jetons de présence.
En revanche, la situation est différente en ce qui concerne les salaires des administrateurs. Lorsqu'un directeur est considéré comme un employé de la société et qu'il perçoit un salaire, il est traité comme n'importe quel autre employé à des fins fiscales. Cela signifie que le salaire du directeur sera considéré comme un revenu brut et sera éligible au seuil d'exemption de revenu et à tout autre allègement et abattement disponible à Maurice.
Qu'en est-il des administrateurs non résidents ?
Les administrateurs non résidents mauriciens peuvent également être assujettis à l'impôt sur le revenu. En effet, l'ITA prévoit que les revenus réputés provenir de l'île Maurice comprendront “les jetons de présence et autres paiements similaires versés à une personne physique en sa qualité de membre du conseil d'administration d'une société résidente de l'île Maurice, que les services soient rendus à l'île Maurice ou à partir de l'extérieur..” En d'autres termes, les sociétés résidentes mauriciennes qui versent des jetons de présence à des administrateurs non-résidents doivent également déduire l'impôt 15% à retenir sur ces jetons de présence. Bien entendu, cette déduction est soumise à tout allègement prévu par la convention fiscale entre l'île Maurice et le pays de résidence du directeur, et ce dernier peut également être en mesure de compenser l'impôt mauricien par l'impôt qu'il doit acquitter dans son pays.
Une décision relative à l'impôt sur le revenu émise par la Mauritius Revenue Authority (“MRA”) le 23 septembre 2023 apporte un éclairage supplémentaire sur la question.
Les faits
A est une société privée à responsabilité limitée qui fournit des services comptables professionnels à des clients nationaux et internationaux. M. X est directeur exécutif de A, Il s'agit d'un ressortissant mauricien qui travaille à distance à Singapour, où il vit, et qui exerce donc ses fonctions entièrement à Singapour.
La grande question était de savoir si A Le verdict de l'ARM était que la société devait effectivement retenir l'impôt sur le revenu (PAYE) sur les émoluments versés à M. X en vertu de l'article 93.
Notre point de vue
Les revenus réputés provenir de l'île Maurice comprennent également “les émoluments provenant d'une charge ou d'un emploi dont les fonctions sont exercées entièrement ou principalement à Maurice, que ces émoluments soient perçus à Maurice ou non”.” Dans cette décision, les fonctions du directeur ne sont pas exercées à Maurice et, par conséquent, aucun impôt sur le revenu n'aurait dû être retenu s'il n'était qu'un simple employé. Étant donné que l'intéressé est directeur exécutif d'une société résidente mauricienne et qu'il est membre du conseil d'administration de la société, ses émoluments sont réputés provenir de Maurice et sont donc soumis à l'impôt sur le revenu, que ses services soient rendus à Maurice ou en dehors de l'île.
La distinction entre les jetons de présence et les salaires est importante, car le versement d'un jeton de présence signifie que la personne exerce ses fonctions en tant que membre du conseil d'administration d'une société, alors que le salaire signifie que la personne est rémunérée pour des fonctions exercées quotidiennement. Vous trouverez ci-dessous un résumé des différences de taxation entre le salaire et les jetons de présence :
- Salaire des directeurs - Un directeur résident sera soumis à l'impôt sur le revenu dans le cadre du système “Pay As You Earn” ("PAYE"). Pour un directeur non-résident, aucun impôt sur le revenu ne s'appliquera à moins qu'il n'exerce ses fonctions à Maurice.
- Jetons de présence - Pour les administrateurs résidents et non-résidents d'une société résidente mauricienne, un taux forfaitaire de 15% est applicable sur ces honoraires.
La morale est donc qu'il faut être prudent lorsque vous planifiez la rémunération de vos directeurs mauriciens ! Nous contacter aujourd'hui et découvrez comment vous pouvez rester en sécurité.