Le 23 septembre 2023, la Mauritius Revenue Authority (“MRA”) a publié le Tax Ruling 265, soulignant le fait qu'il n'est pas si facile de bénéficier d'un taux d'imposition réduit de 3% pour l'exportation de biens, et qu'en pratique, la MRA attend un certain niveau d'activité de la part de l'exportateur de biens.
Les faits
- Constituée le 17 septembre 2021, l'entreprise A est une entreprise nationale qui se consacre à la pêche dans les eaux mauriciennes. Elle ne possède pas de navires de pêche, ni de ressources techniques et humaines pour mener à bien les activités de pêche. La société A forme un partenariat stratégique avec la société B, une société constituée et basée à Samoa.
- Dans le cadre de leur accord, l'entreprise B fournit à l'entreprise A toutes les ressources techniques, les navires de pêche et les ressources humaines.
- Pour répondre aux exigences réglementaires, le ministère de l'économie bleue, des ressources marines et de la pêche maritime de l'île Maurice délivre une autorisation d'exportation et une autorisation de débarquement à l'entreprise B.
- Étant donné que l'entreprise B pêche le poisson pour le compte de l'entreprise A, la prise appartient à l'entreprise A et une facture est émise par l'entreprise A à l'intention de l'entreprise B pour toutes les ventes. Une note de débit est reçue de l'entreprise B, qui couvre le coût des pêcheurs et des autres ressources fournies à l'entreprise A.
- Lorsque la prise est embarquée, un connaissement est émis par l'agent maritime pour attester de l'expédition par B.
Point litigieux
Les deux grandes questions étaient les suivantes :
- La vente de poissons par la société A à la société B constitue-t-elle une exportation de marchandises ?
- La société A remplit-elle les conditions requises pour être assujettie à l'impôt sur le revenu au 3% ?
La décision de l'ARM :
Le verdict de l'ARM est que la vente de poisson par A à B n'est pas considérée comme une exportation de marchandises et que, par conséquent, A est susceptible d'être taxé au taux de 15%.
Principaux enseignements
Il n'a pas été clairement indiqué pourquoi le taux d'imposition 3% a été refusé pour l'exportation de marchandises. Cependant, notre interprétation suggère que puisque la société A dispose de ressources techniques et humaines, en particulier l'utilisation des navires de pêche qui ont été externalisés à la société B. Cet arrangement d'externalisation n'était pas nécessairement le problème, mais plutôt la question d'une autorisation d'exportation et d'une autorisation de débarquement par le ministère de l'économie bleue, des ressources marines et de la pêche maritime à la société B.
Cela signifie que l'exportation de marchandises a été effectuée au nom de B et non de A. Par conséquent, A ne remplit pas les conditions requises pour bénéficier du taux d'imposition réduit 3% pour l'exportation de marchandises.
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