Budget 2023 de l'Afrique du Sud : J'ai rêvé d'un rêve

Cela fait une semaine que le président sud-africain Cyril Ramaphosa a prononcé son discours sur l'état de la nation (“SONA”), dans lequel il a pris l'initiative audacieuse et sans précédent de déclarer un état de catastrophe nationale pour faire face à la crise de l'énergie. Et pourtant, comme pour démontrer précisément comment et pourquoi nous en sommes arrivés là depuis que le délestage a commencé il y a une quinzaine d'années, le président et son cabinet n'ont pris aucune autre mesure.

En attendant le prochain discours sur le budget, il nous est difficile de nous attendre à des propositions politiques significatives, tangibles et importantes pour relever les nombreux défis auxquels notre pays est confronté, de la part d'un gouvernement qui est devenu notoire pour son manque d'action significative.

Pour reprendre les paroles de la célèbre chanson : “Nous avions rêvé que notre vie serait si différente...”

C'est dans cet esprit que nous avons rêvé que notre ministre des finances propose, puis mette rapidement en œuvre, ce qui suit dans le discours sur le budget de la semaine prochaine.

1. Investissements des ménages dans l'énergie solaire sur les toits

Dans le même SONA mentionné ci-dessus, le président a réaffirmé son engagement à procéder au déploiement de panneaux solaires sur les toits et, ce qui est particulièrement intéressant pour les contribuables sud-africains, a promis que les ménages (et pas seulement les entreprises) bénéficieraient d'une aide, vraisemblablement par le biais d'allègements fiscaux et de concessions. On s'attend donc à ce que le ministre des Finances donne plus de détails sur cette aide dans son discours sur le budget 2023.

Il est clair que pour être aussi efficace que possible, tout allègement fiscal proposé pour les ménages devrait en fait redonner de l'argent aux ménages qui ont investi dans l'énergie solaire sur les toits. Nous pensons qu'il sera totalement inefficace si le seul allègement fiscal prévu est que les ménages équipés d'une toiture solaire peuvent demander une exclusion plus élevée de la résidence principale à un moment donné dans l'avenir, si et quand la propriété est vendue. Au contraire, les ménages devraient simplement être autorisés à déduire le coût de l'équipement solaire en toiture, y compris tous les coûts d'installation connexes, de toute forme de revenu imposable, et en particulier du revenu d'emploi. Les employeurs devraient également avoir la possibilité de retenir moins d'impôts sur leurs employés lorsque ceux-ci bénéficient de l'allègement fiscal, ce qui permettrait aux ménages de ne pas avoir à attendre que leur déclaration d'impôts soit soumise, évaluée et que le remboursement soit versé par le SARS avant qu'ils ne touchent effectivement de l'argent. Les ménages devraient également pouvoir réclamer la taxe sur la valeur ajoutée payée sur ces équipements ou, ce qui est probablement plus efficace, le ministre des finances devrait autoriser les fournisseurs à prélever la TVA 0% sur la fourniture d'équipements solaires de toiture aux ménages.

Un autre avantage fiscal connexe, mais nécessaire, est que tout revenu généré par les ménages qui revendent de l'électricité au réseau national ne soit pas imposable et, ce qui est tout aussi important, que les ménages n'aient aucune charge de mise en conformité découlant d'une telle activité.

Le ministre ferait également bien d'antidater tout allègement fiscal, compte tenu du fait que de nombreux ménages ont déjà investi dans l'énergie solaire sur leur toit à la suite de la crise de l'énergie.

2. L'étroitesse de l'assiette fiscale en Afrique du Sud

Lorsque le Trésor national/SARS a proposé pour la première fois de supprimer en grande partie l'exonération bien connue de l'impôt sur les revenus du travail à l'étranger, de nombreux commentateurs ont fait remarquer que le seul impact probable de cette proposition serait que les contribuables concernés travaillant à l'étranger s'assureraient qu'ils ne sont plus résidents fiscaux en Afrique du Sud. À première vue, ces préoccupations se sont avérées exactes, compte tenu de l'importance de l'activité liée à l'émigration financière et de l'insistance de la banque de réserve pour que le SARS soit le principal responsable des processus et des approbations nécessaires. Il convient également de noter que la prévalence accrue du travail à distance permet aux individus de résider et de travailler plus facilement dans un pays différent.

Personne ne sera surpris d'apprendre que l'Afrique du Sud a connu un exode massif de particuliers au cours des deux ou trois dernières années, et que son assiette fiscale incroyablement étroite ne peut tout simplement pas se réduire davantage. Le Trésor national/SARS devrait rétablir l'allocation telle qu'elle existait jusqu'à récemment et ne pas continuer à forcer la main des particuliers pour qu'ils cessent d'être résidents fiscaux en Afrique du Sud et transfèrent tous leurs actifs à l'étranger. Ces personnes peuvent alors continuer à travailler à l'étranger tout en laissant leur famille résider en Afrique du Sud.

3. Utiliser efficacement la politique fiscale pour créer des emplois

On peut se demander comment la politique fiscale est réellement utilisée pour créer des emplois. Ne serait-il pas plus simple, par exemple, que les entreprises qui investissent en Afrique du Sud bénéficient d'une exonération fiscale uniquement en fonction du nombre d'emplois locaux que leur investissement permettra de créer ? Il convient toutefois de noter que le SARS a récemment introduit une incitation fiscale à l'emploi, mais qu'il l'a considérée comme une gifle lorsque les entreprises ont osé trouver de nouveaux moyens d'employer des personnes qui n'auraient pas été employées autrement, afin de profiter de l'incitation.

4. Renforcer les capacités des SARS

Le SARS doit être reconnu pour ses tentatives de reconstruction après les années de mainmise de l'État qui l'ont vu devenir l'ombre de lui-même, mais ces efforts de recapacitation doivent être intensifiés autant que possible. La base fiscale sud-africaine, déjà étroite, ne peut tout simplement pas supporter davantage d'impôts et le seul espoir réaliste qu'a le SARS d'augmenter les recettes fiscales est de veiller à ce que tous les contribuables paient leur juste part et de s'attaquer aux stratagèmes trop agressifs mis en œuvre pour transférer des richesses et des actifs à l'étranger sans payer d'impôts.

5. Taxer l'économie numérique

Enfin, il convient de se demander combien de temps encore l'Afrique du Sud peut et doit attendre avant de mettre en œuvre une taxe numérique sous une forme ou une autre. Jusqu'à présent, nous nous sommes abstenus de mettre en œuvre toute forme de taxation unilatérale en raison de notre engagement à mettre en œuvre les solutions proposées par l'OCDE dans le cadre des piliers 1 et 2, ce qui, à son tour, semble ne mener nulle part et ne pas presser les choses. Le moment est peut-être venu pour l'Afrique du Sud d'envisager la mise en œuvre d'une forme de taxe numérique, comme l'ont fait le Kenya et le Nigeria par exemple, jusqu'à ce que l'OCDE progresse réellement et qu'une date ferme soit fixée pour la mise en œuvre des solutions proposées pour les piliers 1 et 2.

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