{"id":8173,"date":"2026-01-27T12:46:09","date_gmt":"2026-01-27T08:46:09","guid":{"rendered":"https:\/\/reganvanrooy.com\/?p=8173"},"modified":"2026-01-27T12:46:12","modified_gmt":"2026-01-27T08:46:12","slug":"affaire-du-tribunal-dappel-de-la-taxe-sur-les-droits-de-timbre-du-nigerian","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/reganvanrooy.com\/fr\/nigerian-stamp-duty-tax-appeal-tribunal-case\/","title":{"rendered":"Affaire du tribunal d'appel de la taxe sur les droits de timbre au Nigeria"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Une filiale d'une soci\u00e9t\u00e9 nig\u00e9riane de production p\u00e9troli\u00e8re, Oando PLC, a r\u00e9cemment perdu une affaire de droit de timbre devant le Tax Appeal Tribunal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela serait malheureux en tout \u00e9tat de cause, mais le raisonnement suivi dans cette affaire, et m\u00eame le comportement de l'autorit\u00e9 fiscale (le Federal Inland Revenue Service (FIRS) \u00e0 l'\u00e9poque), sont tr\u00e8s pr\u00e9occupants. Nous n'avons pas connaissance de beaucoup d'autres affaires concernant le droit de timbre nig\u00e9rian, mais nous nous attendons \u00e0 ce qu'elles deviennent plus fr\u00e9quentes maintenant que la loi fiscale nig\u00e9riane est entr\u00e9e en vigueur. Certaines des questions techniques d\u00e9coulant de la loi sur les droits de timbre ne seront peut-\u00eatre plus importantes \u00e0 l'avenir, maintenant que la loi fiscale nig\u00e9riane est entr\u00e9e en vigueur. Mais les questions relatives aux pouvoirs de l'autorit\u00e9 fiscale, au comportement de l'autorit\u00e9 fiscale et \u00e0 la rigueur de l'analyse appliqu\u00e9e par le TAT resteront importantes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Faits et contexte<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le groupe Oando a acquis des parts dans certaines entreprises nig\u00e9rianes en 2012 et 2014, aupr\u00e8s de Conoco Philips. Ces entreprises poss\u00e9daient \u00e0 leur tour des licences d'exploitation du p\u00e9trole nig\u00e9rian.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les actions ont \u00e9t\u00e9 acquises par deux filiales d'Oando PLC, enregistr\u00e9es aux Pays-Bas. Pour une raison quelconque, les \u00e9valuations ont \u00e9t\u00e9 faites sur Oando Oil Ltd, que nous supposons \u00eatre une filiale d'Oando PLC.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui a \u00e9t\u00e9 acquis, ce sont des actions de soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e. La loi nig\u00e9riane sur les droits de timbre (Stamp Duties Act) pr\u00e9voyait un droit de timbre sur les acquisitions d'actions \u00e0 hauteur de 1,5% de la contrepartie, mais cette disposition a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e par l'exemption g\u00e9n\u00e9rale 13, qui exon\u00e9rait du droit de timbre tous les documents relatifs au transfert d'actions et de parts sociales. Par ailleurs, la loi sur les droits de timbre a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par la loi de 2025 sur l'imp\u00f4t au Nigeria, qui exempte \u00e9galement les documents relatifs au transfert d'actions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Revenue Mobilization Allocation and Fiscal Commission (RMAFC) a enqu\u00eat\u00e9 sur les compagnies p\u00e9troli\u00e8res et gazi\u00e8res afin de contr\u00f4ler les recettes vers\u00e9es au compte de la F\u00e9d\u00e9ration du gouvernement nig\u00e9rian. Cette enqu\u00eate a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu'Oando Oil Ltd (parmi d'autres soci\u00e9t\u00e9s) n'aurait pas pay\u00e9 le droit de timbre d\u00fb sur l'acquisition de baux d'exploitation p\u00e9troli\u00e8re. Le FIRS a \u00e9t\u00e9 saisi de l'affaire afin de recouvrer l'imp\u00f4t. La FIRS a \u00e9mis une \u00e9valuation le 24 juin 2024, exigeant un droit de timbre de 24,75 millions USD. Comme on pouvait s'y attendre, la soci\u00e9t\u00e9 s'y est oppos\u00e9e et a ensuite fait appel aupr\u00e8s du Tax Appeal Tribunal (TAT).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce point n'a pas \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 ou discut\u00e9 dans l'affaire, mais nous pensons que le groupe Oando a pay\u00e9 des \u201cfrais de consentement minist\u00e9riel\u201d lorsqu'il a acquis les filiales de Conoco Phillips qui poss\u00e9daient les baux d'exploitation p\u00e9troli\u00e8re. Cela d\u00e9coule de l'affaire opposant Moni Pulo Ltd et Brass Exploration Unlimited, jug\u00e9e par la Haute Cour en 2012, et des lignes directrices de 2014 relatives \u00e0 l'obtention du consentement du ministre pour la cession d'int\u00e9r\u00eats dans des actifs p\u00e9troliers et gaziers. Ces lignes directrices pr\u00e9cisent que le consentement est n\u00e9cessaire m\u00eame pour le transfert d'actions dans une soci\u00e9t\u00e9 propri\u00e9taire d'une LCO. Le consentement minist\u00e9riel a \u00e9t\u00e9 obtenu le 18 juin 2014. \u00c0 l'\u00e9poque, les frais \u00e9taient compris entre 1% et 5% de la valeur de la transaction et pourraient donc avoir \u00e9t\u00e9 sup\u00e9rieurs au droit de timbre \u00e9valu\u00e9 par la FIRS. Si tel est le cas, Oando a pay\u00e9 un montant consid\u00e9rable d'imp\u00f4ts sur la transaction et n'a pas manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations impos\u00e9es par la loi, pas plus qu'elle n'a adopt\u00e9 une m\u00e9thode artificielle pour \u00e9viter de payer des imp\u00f4ts.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9cision<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le TAT a donn\u00e9 raison au FIRS et a d\u00e9cid\u00e9 qu'Oando devait payer un droit de timbre de 24,75 millions d'USD, plus une p\u00e9nalit\u00e9 de 2,475 millions d'USD (c'est-\u00e0-dire 10% du droit), et des int\u00e9r\u00eats jusqu'au 24 juin 2024 d'un montant de 63 508 099 USD. En outre, des int\u00e9r\u00eats suppl\u00e9mentaires de 10% par an, calcul\u00e9s sur le droit de timbre de 24,75 millions d'USD, continuent \u00e0 courir jusqu'\u00e0 ce que l'imp\u00f4t soit pay\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Raisonnement<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C'est ce qu'a d\u00e9cid\u00e9 le TAT :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">i). Le FIRS n'\u00e9tait pas emp\u00each\u00e9 d'\u00e9valuer le droit de timbre, m\u00eame si plus de cinq ans s'\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis l'acquisition des actifs. L'article 114 de la loi sur les droits de timbre (Stamp Duties Act) stipule que les proc\u00e9dures de recouvrement des droits de timbre peuvent \u00eatre engag\u00e9es dans les cinq ans qui suivent l'infraction entra\u00eenant le non-paiement. Cet argument a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 par Oando dans son dernier m\u00e9moire, mais le TAT a tout de m\u00eame examin\u00e9 la question. Le TAT a choisi d'appliquer l'article 35(2) de la loi sur l'\u00e9tablissement du FIRS (FIRSEA). Pour ce faire, il a appliqu\u00e9 l'article 68 de la FIRSEA, qui stipule que la FIRSEA pr\u00e9vaut sur les autres lois relatives \u00e0 l'administration, \u00e0 l'\u00e9valuation, \u00e0 la collecte et \u00e0 l'application des imp\u00f4ts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(ii). Les accords d'achat d'actions n'\u00e9taient pas de \u201csimples transferts\u201d d'actions, mais des \u201caccords d'achat et de vente d'actions\u201d, et ne pouvaient donc pas b\u00e9n\u00e9ficier de l'exemption du droit de timbre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(iii). La soci\u00e9t\u00e9 a fait valoir qu'elle n'\u00e9tait pas partie aux accords et qu'elle ne pouvait donc pas \u00eatre assujettie au droit de timbre. Le TAT a d\u00e9clar\u00e9 qu'il ne pouvait \u00eatre certain qu'Oando Oil Limited \u00e9tait diff\u00e9rente des parties nomm\u00e9es dans le contrat. Le TAT a ajout\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 avait acquis les OML, directement ou indirectement, et qu'elle \u00e9tait donc redevable du droit de timbre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(iv). Une p\u00e9nalit\u00e9 de 10% du droit impay\u00e9, par an, est due. Cette disposition est conforme \u00e0 l'article 23, paragraphe 1, de la loi sur les droits de timbre (Stamp Duties Act). D'apr\u00e8s le rapport de l'affaire, il semble qu'Oando n'ait pas contest\u00e9 les p\u00e9nalit\u00e9s et les int\u00e9r\u00eats impos\u00e9s. Le TAT a confirm\u00e9 une p\u00e9nalit\u00e9 de 2,475 millions d'USD et des int\u00e9r\u00eats courus jusqu'au 24 juin 2024 de 63 508 099,32 USD, plus des int\u00e9r\u00eats suppl\u00e9mentaires de 10% de 24,75 millions d'USD par an jusqu'\u00e0 ce que les droits aient \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s. Il appara\u00eet que la FIRS a fait valoir que des int\u00e9r\u00eats devraient \u00eatre impos\u00e9s en vertu du Nigeria Tax Administration Act 2025, au taux de politique mon\u00e9taire en vigueur de la Banque centrale du Nigeria. Cependant, aucune preuve n'a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au TAT concernant le taux de politique mon\u00e9taire, de sorte que le TAT a refus\u00e9 d'accorder ces int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Commentaires<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 notre avis, l'ensemble de cette affaire n'est pas du tout satisfaisant. Le travail effectu\u00e9 par le FIRS semble inad\u00e9quat et les \u00e9valuations effectu\u00e9es en violation flagrante de la loi. Il se peut que la soci\u00e9t\u00e9 ait pu am\u00e9liorer son dossier en pr\u00e9parant et en pr\u00e9sentant mieux les informations, compte tenu de certains commentaires formul\u00e9s par le TAT. L'analyse du TAT semble \u00eatre superficielle et indique un d\u00e9sir de donner raison \u00e0 l'administration fiscale par tous les moyens possibles. Ce cas montre \u00e9galement les dangers li\u00e9s \u00e0 l'implication d'autres agences gouvernementales dans des affaires fiscales et au fait que le FIRS n'analyse pas de mani\u00e8re critique les informations qui lui sont communiqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Nom de l'entreprise \u00e9valu\u00e9e<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les cotisations ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises \u00e0 l'encontre de la mauvaise entreprise. La plupart des l\u00e9gislations fiscales pr\u00e9voient que ce type d'erreur peut \u00eatre corrig\u00e9 ou tol\u00e9r\u00e9. L'article 42 de la loi nig\u00e9riane de 2025 sur l'administration fiscale en est un exemple. Une erreur dans le nom d'une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e n'invalide pas l'\u00e9valuation. Une disposition similaire existait dans la loi sur l'imp\u00f4t sur le revenu des soci\u00e9t\u00e9s. Toutefois, nous n'avons rien trouv\u00e9 dans la loi sur les droits de timbre ou dans la FIRSEA qui permette ou excuse l'\u00e9tablissement d'une cotisation pour une soci\u00e9t\u00e9 mal nomm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le FIRS s'est vu confier, \u00e0 juste titre, des pouvoirs \u00e9tendus pour recouvrer les imp\u00f4ts qui lui sont dus. Mais ces pouvoirs ont des limites et l'on peut s'attendre \u00e0 ce que le FIRS (ou le Nigerian Revenue Service, NRS) essaie d'identifier le nom de la personne dont il pense qu'elle est redevable de l'imp\u00f4t. Le nom d'Oando Oil Ltd n'appara\u00eet comme partie \u00e0 aucun des accords auxquels le FIRS a fait r\u00e9f\u00e9rence, et il semble que le FIRS ait fait preuve de mauvaise pratique et de mauvaise proc\u00e9dure en adressant les avis de cotisation \u00e0 la mauvaise soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous concluons donc, sur la base de la l\u00e9gislation en vigueur \u00e0 l'\u00e9poque des transactions et au moment o\u00f9 les cotisations ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises, que les cotisations n'\u00e9taient pas valables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>D\u00e9lai<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous sommes d'accord avec le TAT pour dire que les dispositions du FIRSEA pr\u00e9valent sur la loi sur les droits de timbre. Toutefois, les dispositions du FIRSEA sont limit\u00e9es. Nous admettons que le FIRS avait le droit d'examiner la question et de s'efforcer de percevoir les taxes dans la mesure du possible. Cela ressort clairement de l'article 35 du FIRSEA. La limite se trouve dans l'article 34(2) du FIRSEA. Le FIRS peut \u00e9valuer une personne qui n'a pas pay\u00e9 l'imp\u00f4t parce qu'elle est sous-\u00e9valu\u00e9e. Mais une demande de paiement ne peut \u00eatre faite plus de 5 ans apr\u00e8s la date de la sous-\u00e9valuation, \u00e0 moins que la sous-\u00e9valuation n'ait \u00e9t\u00e9 caus\u00e9e par la production d'un document ou d'une d\u00e9claration qui n'\u00e9tait pas vraie sur un point important. Il incombe donc au FIRS de d\u00e9montrer qu'une fausse d\u00e9claration ou un document produit par le contribuable est \u00e0 l'origine de la sous-\u00e9valuation. Rien n'indique dans cette affaire que le FIRS ait tent\u00e9 de le d\u00e9montrer, et le TAT ne lui a pas demand\u00e9 de le faire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous estimons que l'\u00e9valuation a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e apr\u00e8s l'expiration du d\u00e9lai et qu'elle n'est donc pas valable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le FIRS attend \u00e0 juste titre des contribuables qu'ils s'efforcent de payer le montant correct de l'imp\u00f4t, au bon moment. Il est juste que le FIRS respecte scrupuleusement les d\u00e9lais et autres exigences l\u00e9gales et proc\u00e9durales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par ailleurs, la l\u00e9gislation fiscale nig\u00e9riane a subi de nombreuses modifications ces derniers temps, ce qui signifie que certaines des questions soulev\u00e9es dans cette affaire ne sont plus pertinentes pour les transactions futures. La loi nig\u00e9riane sur l'administration fiscale fixe un d\u00e9lai pour l'\u00e9tablissement des imp\u00f4ts, qui est de six ans \u00e0 compter de la date de l'\u00e9valuation initiale, ou plus tard si un contr\u00f4le des imp\u00f4ts du contribuable a commenc\u00e9 avant l'expiration du d\u00e9lai de six ans. En cas d'inexactitude d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de la part d'un contribuable, une \u00e9valuation peut \u00eatre effectu\u00e9e \u00e0 tout moment. Toutefois, il faut pour cela que le contribuable ait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment sous-\u00e9valu\u00e9 ses imp\u00f4ts et l'administration fiscale devra affirmer que c'est le cas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Exemption du droit de timbre<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'exemption g\u00e9n\u00e9rale 13 figurant dans l'annexe de la loi sur les droits de timbre exempte du droit de timbre \u201ctous les documents relatifs au transfert d'actions et de parts sociales\u201d. Avec tout le respect que nous lui devons, nous avons du mal \u00e0 comprendre le raisonnement pr\u00e9sent\u00e9 par le TAT pour d\u00e9cider que l'exemption ne s'appliquait pas \u00e0 ces transactions. Les soci\u00e9t\u00e9s Oando ont achet\u00e9 des actions d'autres soci\u00e9t\u00e9s. In\u00e9vitablement, l'acquisition de ces actions constituait une forme d'acquisition indirecte des actifs d\u00e9tenus par ces soci\u00e9t\u00e9s. Mais les accords d'achat d'actions n'\u00e9taient pas des accords d'achat de ces actifs sous-jacents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le transfert d'actions peut se faire de plusieurs mani\u00e8res. Les actions peuvent faire l'objet d'une donation ou d'un don. Elles peuvent \u00eatre offertes en garantie. Elles peuvent \u00eatre confisqu\u00e9es, par exemple en cas de recours \u00e0 cette garantie. Enfin, elles peuvent \u00eatre achet\u00e9es, ce qui est probablement la forme la plus courante de transfert d'actions. Les actions en question n'\u00e9tant pas cot\u00e9es en bourse, il n'\u00e9tait pas n\u00e9cessaire, ni m\u00eame possible, d'effectuer une transaction en bourse. La vente et l'achat ne sont que l'une des m\u00e9thodes de transfert d'actions. Transf\u00e9rer, dans ce contexte, signifie transmettre la possession ou la propri\u00e9t\u00e9 ou un droit \u00e0 une autre personne (Concise Oxford Dictionary). C'est ce qui s'est pass\u00e9 ici. La soci\u00e9t\u00e9 Conoco Phillips, propri\u00e9taire des actions, les a c\u00e9d\u00e9es, \u00e0 titre on\u00e9reux, aux soci\u00e9t\u00e9s du groupe Oando nomm\u00e9es dans les accords. Le m\u00eame dictionnaire d\u00e9finit \u00e9galement le terme \u201cachat\u201d comme l'acquisition d'un bien par une action personnelle et non par h\u00e9ritage. Le transfert est un terme plus large que l'achat, et l'achat est l'une des nombreuses m\u00e9thodes par lesquelles un transfert peut avoir lieu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De notre point de vue, il s'agit d'un achat d'actions \u00e0 titre on\u00e9reux, ce qui constitue une forme de transfert. Il semble que le TAT ait trop essay\u00e9 de trouver une base sur laquelle fonder sa d\u00e9cision en faveur du FIRS et qu'il ait utilis\u00e9 une distinction trompeuse entre deux mots.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous concluons que les transactions \u00e9taient exon\u00e9r\u00e9es. Il s'ensuit qu'Oando n'a pas \u00e9vit\u00e9 ou \u00e9lud\u00e9 le droit de timbre et n'a pas fait de d\u00e9clarations mensong\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Sanctions<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons du mal \u00e0 comprendre le calcul des p\u00e9nalit\u00e9s et des int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La loi sur les droits de timbre pr\u00e9voyait une p\u00e9nalit\u00e9 de 20 nairas par instrument. Une autre p\u00e9nalit\u00e9 \u00e9tait per\u00e7ue sous forme d'int\u00e9r\u00eats, au taux de 10% par an, mais les int\u00e9r\u00eats ne pouvaient exc\u00e9der les droits dus. Il existe \u00e9galement une p\u00e9nalit\u00e9 suppl\u00e9mentaire \u00e9gale aux droits non pay\u00e9s (art. 23(3)), mais celle-ci ne s'applique que si la personne a \u00e9t\u00e9 reconnue coupable d'une infraction, ce qui n'\u00e9tait pas le cas en l'esp\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous comprenons qu'il y a eu trois accords et que la p\u00e9nalit\u00e9 aurait d\u00fb \u00eatre de 60 NGN. La p\u00e9nalit\u00e9 de 10% n'est pas pr\u00e9vue par la loi sur les droits de timbre. La loi sur l'administration fiscale du Nigeria pr\u00e9voit une p\u00e9nalit\u00e9 de 10%, plus des int\u00e9r\u00eats au taux de la politique mon\u00e9taire de la CBN, mais cette loi n'\u00e9tait pas en vigueur \u00e0 l'\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le TAT semble avoir appliqu\u00e9 \u00e0 la fois la loi sur le droit de timbre et la loi sur l'administration fiscale du Nigeria. Nous ne comprenons pas comment la loi sur l'administration fiscale du Nigeria peut s'appliquer dans ce cas. Les transactions ont eu lieu en 2012 et 2014, et l'\u00e9valuation a \u00e9t\u00e9 \u00e9mise en 2024. Tout cela s'est d\u00e9roul\u00e9 bien avant l'entr\u00e9e en vigueur de la loi nig\u00e9riane sur l'administration fiscale, qui pourrait avoir eu lieu le 26 juin 2025 (bien que le pr\u00e9sident du FIRS et, plus r\u00e9cemment, le pr\u00e9sident, aient d\u00e9clar\u00e9 qu'elle \u00e9tait entr\u00e9e en vigueur le 1er janvier 2026).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, <em>\u00e9ventuellement<\/em>, La loi sur l'administration fiscale du Nigeria pourrait affecter les int\u00e9r\u00eats payables apr\u00e8s son entr\u00e9e en vigueur. Mais nous ne voyons pas comment elle peut imposer des p\u00e9nalit\u00e9s pour toute p\u00e9riode ant\u00e9rieure \u00e0 juin 2025, et il est plut\u00f4t alarmant que le TAT l'ait m\u00eame envisag\u00e9. Les int\u00e9r\u00eats (au moins pour les p\u00e9riodes ant\u00e9rieures \u00e0 l'entr\u00e9e en vigueur de la loi sur l'administration fiscale du Nigeria) doivent \u00eatre bas\u00e9s sur une combinaison de la loi sur les droits de timbre et de la FIRSEA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il se pourrait que le FIRSEA s'applique, bien que cela ne semble pas avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9fendu ou envisag\u00e9 par le TAT. Le FIRSEA pr\u00e9voit une p\u00e9nalit\u00e9 de 10% du droit, plus des int\u00e9r\u00eats au taux LIBOR en vigueur, ou au taux de r\u00e9escompte minimum de la CBN s'il est plus \u00e9lev\u00e9, plus une marge d\u00e9termin\u00e9e par le ministre. Si le TAT n'avait pas connaissance de ces taux d'int\u00e9r\u00eat, nous pensons qu'il aurait d\u00fb demander aux parties des preuves suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'application d'une p\u00e9nalit\u00e9 de 10% sur les droits pourrait donc \u00eatre correcte, mais elle ne semble pas avoir \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e par le FIRS. Si les droits impay\u00e9s s'\u00e9levaient \u00e0 24,75 millions USD, comme l'affirme la FIRS, et si les droits \u00e9taient impay\u00e9s de 2012 \u00e0 2024 et que l'int\u00e9r\u00eat de 10% s'appliquait uniquement aux droits (et non \u00e0 la p\u00e9nalit\u00e9), nous nous serions attendus \u00e0 ce que l'int\u00e9r\u00eat total s'\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 29,7 millions USD. On peut \u00e9galement soutenir que ce montant devrait \u00eatre limit\u00e9 \u00e0 24,75 millions USD. En tout \u00e9tat de cause, il nous semble que les int\u00e9r\u00eats factur\u00e9s auraient d\u00fb \u00eatre bien inf\u00e9rieurs au montant de 63,5 millions d'USD qui a \u00e9t\u00e9 effectivement \u00e9valu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec tout le respect que nous devons au TAT, il nous semble que l'affaire a \u00e9t\u00e9 mal jug\u00e9e pour de multiples raisons. La transaction semble clairement exon\u00e9r\u00e9e du droit de timbre. L'\u00e9valuation a \u00e9t\u00e9 \u00e9mise apr\u00e8s l'expiration du d\u00e9lai et \u00e0 l'intention d'une soci\u00e9t\u00e9 qui n'\u00e9tait pas partie aux transactions. Enfin, la p\u00e9nalit\u00e9 et les int\u00e9r\u00eats ont \u00e9t\u00e9 largement sur\u00e9valu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le droit fiscal est complexe et il est in\u00e9vitable que des divergences d'opinion apparaissent entre les contribuables et les autorit\u00e9s fiscales. C'est pour cette raison que l'on attend du TAT qu'il examine les affaires de mani\u00e8re impartiale, sur la base d'une analyse rigoureuse de la loi. On attend \u00e9galement de l'autorit\u00e9 fiscale (FIRS dans ce cas) qu'elle applique la loi telle qu'elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e et qu'elle l'applique aux faits qui sont pr\u00e9sent\u00e9s ou qui existent. La qualit\u00e9 du travail effectu\u00e9 dans cette affaire par le FIRS et le TAT n'est pas \u00e0 la hauteur de cette norme, \u00e0 notre avis, et cela risque de donner l'impression que le Nigeria pr\u00e9sente un risque fiscal plus \u00e9lev\u00e9 qu'il ne le devrait, avec les effets n\u00e9gatifs qui en d\u00e9coulent pour les investissements dans le pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous esp\u00e9rons que l'affaire a fait l'objet d'un appel et que la Haute Cour f\u00e9d\u00e9rale annulera ce jugement et rendra une d\u00e9cision conforme \u00e0 la loi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A subsidiary of an indigenous Nigerian oil production company, Oando PLC, recently lost a stamp duty case in the Tax Appeal Tribunal. 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