Le 25 février 2026, le ministre des finances a présenté au Parlement le budget national de l'Afrique du Sud. Le budget 2026 reflète un changement de ton notable : des recettes plus importantes que prévu ont permis de stabiliser le budget sans augmenter les impôts à grande échelle, tout en maintenant l'accent sur la redistribution et en s'engageant dans une réforme structurelle.
Nous présentons ci-dessous les principales mesures et ce qu'elles signifient en pratique.
Situation budgétaire : Un tournant
Stabilisation de la dette
La dette publique brute devrait se stabiliser à un niveau d'environ 78,9% du PIB en 2025/26, avant de diminuer progressivement jusqu'à environ 76,5% du PIB d'ici à 2028/29. Il s'agit de la première stabilisation durable après de nombreuses années d'augmentation.
Déficit budgétaire
Le déficit du budget principal devrait se réduire, passant d'environ 4,5% du PIB à 2,9% du PIB à moyen terme, grâce à l'amélioration des recettes.
Excédent primaire
Un excédent budgétaire primaire (recettes supérieures aux dépenses hors intérêts) est prévu, ce qui renforce la viabilité budgétaire.
Ancrage fiscal
Le Trésor national a confirmé qu'un ancrage budgétaire fondé sur des principes sera introduit plus tard en 2026 afin d'ancrer la discipline budgétaire à long terme dans la législation.
Implication: La crédibilité budgétaire de l'Afrique du Sud s'est améliorée, ce qui soutient les mesures du risque souverain et la confiance des investisseurs.
Politique fiscale : Alléger plutôt qu'augmenter les recettes
La caractéristique la plus importante du budget 2026 est l'absence d'augmentations d'impôts généralisées.
Impôt sur le revenu des personnes physiques
- Tranches d'imposition et rabais ont été entièrement ajustées à l'inflation (après deux années sans ajustement complet).
- Crédit d'impôt médical ont également été augmentés en fonction de l'inflation.
Cette mesure protège les contribuables d'une nouvelle augmentation des tranches d'imposition et apporte un réel soulagement aux ménages.
Retrait des propositions d'augmentation d'impôts
Le projet annoncé précédemment 20 milliards de rands de hausses d'impôts (signalée dans les perspectives à moyen terme de l'année dernière) a été retirée en raison de recettes plus importantes que prévu.
Incitations à l'épargne
- Le plafond annuel du compte d'épargne libre d'impôt (CELI) est porté de 1,5 à 1,5 million d'euros. R36 000 à R46 000.
- Le plafond de la déduction pour les fonds de retraite passe de R350 000 à R430 000.
Ces changements encouragent l'épargne à long terme des ménages et la constitution d'une retraite.
- Le seuil d'enregistrement de la TVA passe de R1 million à R2,3 millions, ce qui facilite la mise en conformité.
- L'exonération de l'impôt sur les plus-values à vie pour les propriétaires de petites entreprises âgés de 55 ans et plus qui remplissent les conditions requises a été portée de R1,8 million à R2,7 millions, et la valeur marchande maximale de l'entreprise qui donne droit à cette exonération a été portée de R10 millions à R15 millions. Ce changement vise à offrir un plus grand allégement fiscal aux propriétaires de petites entreprises, en particulier à ceux qui prévoient de vendre leur entreprise.
Accises et carburants
Les droits d'accises sur l'alcool et le tabac, ainsi que les taxes sur les carburants, augmentent globalement au même rythme que l'inflation.
Implication: Le budget 2026 est neutre sur le plan fiscal, voire légèrement expansionniste. Le Trésor a opté pour la stabilité et des allègements ciblés plutôt que pour un resserrement budgétaire par le biais de nouvelles taxes.
Mise à jour de l'allocation discrétionnaire unique (ADU)
- La SDA a officiellement doublé !
- Nouvelle limite : R2 millions par adulte et par année civile (au lieu de R1 millions).
- Avantage : vous pouvez désormais transférer à l'étranger jusqu'à 2 millions d'euros sans avoir besoin d'un code PIN SARS de conformité fiscale (TCS).
- Efficace: Immédiatement.
Subventions sociales et salaire social
Les dépenses totales de subventions sociales pour 2026/27 s'élèvent à environ 292,8 milliards de rands.
À partir d'avril 2026 :
- Allocations de vieillesse, d'invalidité et de dépendance : augmentation de 80 rands pour atteindre 2 400 rands.
- Allocation aux anciens combattants : augmentation de 80 rands pour atteindre 2 420 rands.
- Allocation de placement familial : augmentation à R1 290 (avril) et R1 300 (octobre).
- Allocation de soutien familial : passe à R580.
La subvention pour l'aide sociale d'urgence (SRD) reste inchangée.
Plus de 60% des dépenses hors intérêts continuent d'être affectées au “salaire social” (éducation, santé et protection sociale).
Implication : L'objectif de redistribution du cadre budgétaire sud-africain reste fermement intact.
Dépenses et infrastructures
Dépenses totales
Les dépenses publiques pour 2026/27 sont budgétisées à environ R2,67 trillions.
Infrastructure
Les dépenses d'infrastructure publique à moyen terme dépassent les 1 000 milliards d'euros :
- Réforme de l'énergie et stabilisation de l'électricité
- Amélioration de la logistique ferroviaire et portuaire
- Eau et infrastructures de transport
- Recours accru aux partenariats public-privé
Paix et sécurité
Les dotations pour la police, la défense et la gestion des frontières augmentent à moyen terme.
Implication: Le budget renforce la croissance basée sur les infrastructures en tant que levier politique essentiel.
Programme de réformes structurelles
Le budget 2026 réaffirme l'engagement en faveur des réformes structurelles, notamment :
- Poursuite de la réforme du marché de l'énergie et de la participation du secteur privé.
- Réforme de la logistique pour réduire les goulets d'étranglement portuaires et ferroviaires.
- Renforcement de la surveillance des autorités locales et réforme de la prestation de services.
Si la croissance économique reste modeste à court terme, la trajectoire des réformes reste cohérente.
Ce que cela signifie pour les clients
Pour les particuliers
- Protection contre le fluage des supports.
- Augmentation de la capacité d'épargne-retraite et d'épargne libre d'impôt.
- Pas de nouveaux impôts à large assiette.
Pour les petites entreprises
- Réduction de la pression liée à la conformité à la TVA.
- Allégement ciblé pour les cessions de petites entreprises.
- Augmentations liées à l'inflation uniquement pour les impôts indirects.
Pour les entreprises et les investisseurs
- La stabilisation des indicateurs de la dette améliore la prévisibilité budgétaire.
- L'excédent primaire favorise la viabilité à long terme.
- La réforme des infrastructures reste une priorité.
Conclusion
Le budget 2026 signale une consolidation fiscale sans austérité et un allègement sans insouciance. Le Trésor a mis à profit l'amélioration des recettes pour stabiliser la dette, retirer les augmentations d'impôts proposées précédemment et renforcer les priorités de la réforme.
D'un point de vue fiscal et consultatif, le thème clé est la prévisibilité et la stabilité, plutôt que les changements fiscaux structurels. Prenez contact si vous souhaitez en discuter plus en détail.