Les tribunaux d'Afrique du Sud rendent une décision déterminante sur les prix de transfert (PT)

Les tribunaux d'Afrique du Sud rendent une décision déterminante sur les prix de transfert (PT)

 

Une récente affaire judiciaire a été qualifiée de “première véritable affaire de TP en Afrique du Sud” car, bien qu'elle porte sur une question administrative et qu'elle soit basée sur la législation sud-africaine en matière de TP de 2011, elle traite de certaines questions clés qui restent importantes : la pertinence des lignes directrices de l'OCDE en ce qui concerne l'Afrique du Sud et l'importance cruciale de la documentation en matière de TP pour étayer la nature de pleine concurrence des transactions avec des parties liées.

Contexte de l'affaire

Une entreprise manufacturière sud-africaine a demandé à la Cour fiscale d'Afrique du Sud de statuer sur la séparation d'une question juridique, dans le cadre d'un recours contre une évaluation de la taxe de vente.

La transaction fiscale examinée concernait l'achat de matériaux à une partie liée en Suisse, utilisés dans la fabrication en Afrique du Sud avant que le produit final ne soit vendu à des clients locaux non liés. Le SARS a contrôlé la société et, en utilisant la méthode de prix de transfert qu'il avait choisie et qui différait de celle du contribuable, a constaté que l'achat de matériaux n'avait pas été effectué dans des conditions de pleine concurrence. Il en a résulté un ajustement du bénéfice de 114 millions de rands. Une bien mauvaise surprise pour le contribuable !

Le SARS a examiné le caractère de pleine concurrence de la marge bénéficiaire de la société sur la base de l'ensemble de la transaction, c'est-à-dire la rentabilité de la transaction en tenant compte d'une analyse complète de la base de coûts, des fonctions, des actifs et des risques liés à la transaction (méthode dite TNMM). La société estimait que seule la contrepartie versée à la partie liée était pertinente (méthode CUP).

La législation sur les taxes de vente conférait et confère toujours à la SARS le pouvoir de procéder à des ajustements. La SARS avait fondé sa justification de l'ajustement sur les lignes directrices de l'OCDE et la note de pratique 7 (PN 7), publiées par la SARS pour fournir des orientations en matière de fiscalité indirecte. La société a demandé que la question de savoir si le comportement de la SARS relevait des dispositions spécifiques en matière de taxe sur la valeur ajoutée soit dissociée de l'appel qu'elle a interjeté contre l'évaluation.

Bien entendu, cela n'a pas été une bonne chose pour l'entreprise, car tout ce que la SARS avait à faire était d'argumenter que la nature de pleine concurrence d'une transaction est un principe primordial dans la TP et la manière dont un ajustement est déterminé. La SARS a fait valoir qu'il était tout à fait dans ses attributions de calculer un ajustement en utilisant une méthode acceptée par les Principes directeurs de l'OCDE et, en fin de compte, le juge s'est rangé à son avis.

En outre, la société n'a pas pu fournir la preuve qu'elle avait testé la transaction dans sa documentation de prix de transfert, ce que le juge a confirmé, en se fondant sur la méthode PN 7, qui est très risquée : il est toujours dans l'intérêt d'un contribuable d'être en mesure de démontrer que les prix de transfert sont conformes au principe de pleine concurrence dans une documentation de prix de transfert adéquate. S'il n'y a pas de documentation en place et que le SARS ajuste le montant de pleine concurrence, il sera difficile pour le contribuable de justifier une autre méthode.

L'Afrique du Sud dispose désormais d'une législation qui intègre les normes fiscales internationales, y compris celles établies par l'OCDE, dans ses lois. Toutefois, l'affaire a clairement montré que même sans cette loi, bien que l'Afrique du Sud ne soit pas membre de l'OCDE (elle n'a qu'un statut d'observateur), elle doit s'aligner sur les normes de l'OCDE.

Il sera intéressant de voir ce qui se passera lorsque l'affaire sera jugée sur le fond. Ce qui est clair, cependant, c'est que le prix de transfert reste le principal domaine d'intérêt du SARS et que les contribuables doivent préparer la documentation appropriée pour étayer leur prix de pleine concurrence. Contactez-nous pour discuter de votre situation spécifique.

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